dimanche 14 septembre 2014

Laure Escudier : Créations : poésie - dessin - musique... Violon et enseignement

L.Escudier - photo : C. Bodinier

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J'ai voulu suivre une ligne - contour improbable - et la nuit d'un jour écarlate

entrait / riait

les espaces - entre les vies instinctives - valsaient

les saisir était nécessaire

et pourtant,

J'ai voulu suivre une ligne - contour inaccessible - et le jour s'endormit

fil déconstruit

au lit de mes réflexions sans action, de mes nuits sans soleil

tenir ou défaire

et les multiples visages dont jamais,

jamais on ne sait

Les lignes sont floues

Les lignes se perdent

Et l'intensité du cercle infini, dans un balbutiement de tout

espaces imprécis et pourtant,

certitude incertaine

des mouvements sans limite - les vies assemblées, toujours en voyage

J'ai voulu suivre un contour - mais de quoi

sans cela, pas de voie

sans cela, le silence

sans cela,

tout / recommence - indéfiniment

sans une ligne, sans un mot, sans un code, une règle

il y aurait - avant, après, autour, pendant - uniquement, ce que, jamais, je ne vois, ne vis ou ne tiens

ce que je ne saurai pas...

alors...

Laissez ces espaces - vibrations sans attaches - sensations fugaces -

lumières et couleurs - silences et murmures - libertés - brises et candeur

jusqu'où cet encore - encore et encore... souffle renouvelé

jusqu'ici, si l'ici n'est jamais...
L.E 2017





le corps intime
sur un temps sans raccourci - tel un mot suspendu
entre terre et lumière
ce creux
dans la lutte éclatante et pâle
de nos évidences
ici
voir et sentir
le sillon doux et fort
du peut-être au lien gracile
le cri velours au bord du rire
et l'éclosion palpable
une pulsation - un soupir - un sourire - un voyage - invraisemblable est le désir
d'une esquisse interminable
frôlant les lignes
déliées
de l'univers immense et délivré

L.E 2017


....à quoi bon écrire, composer... à quoi bon dessiner ou même rêver... quand tout est déjà là... Il suffit d'observer, d'écouter, de respirer, de sentir.... De retrouver sa place.
Souvent, l'"Art" (avec ce fameux grand A), les sons, les mots, les lignes,  les "grandes idées" semblent futiles devant tant de lumières, tant de beautés, tant de rêves éveillés. Et la poésie, elle-même, devient nature. La nature devient poésie. Le mouvement des plantes est un mystère, les sensibles vibrations, des poèmes épars.  Et les sensations multipliées voyagent en nous tandis que la vie se révèle, stupéfiante.  Ces moments où l'on perçoit l'intense frémissement, la pulsation du monde, la futilité de tout le reste.....
Alors je me tais. Et je voudrais rester là, pour toujours, petite chose éphémère au centre des immensités. Petite vie au cœur d'une vie sans limite.
Petit rien face au tout...
Pourtant...
Pourtant... l'art n'est-il pas justement ce moyen pour l'humain de décrire la merveilleuse émotion qui le traverse..... Sa façon d'être là et de percevoir, de recevoir et d'accueillir. Ses faibles et humbles outils pour décrire ce qui ne s'explique pas. Une tentative de sincérité sans cesse renouvelée et sans réel aboutissement. Saisir des bribes de cette respiration immense et la transcrire en langage humain. Ou utiliser nos sens pour atteindre le mystère infini.
Les arts sont parfois insuffisants pour dire avec honnêteté ce que chuchote la nature au creux de mon cœur...
L.E


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Recueil : "Radiographie d'un rêve" octobre 2017 (textes et images)

Merci de tout cœur à la revue "Ce qui reste", pour le travail formidable et la compréhension de mes textes et images dans cette publication dont je suis si heureuse ! Mise en page et présentation de si belle qualité ! Voici le lien pour feuilleter le livret en entier !

En ligne ici
ou Ici

 





"Parfois, au contact de l'air, le corps se
craquelle et l'esprit se désagrège. Il ne reste
rien. Que ce silence impressionnant. Ce
soupir qui éclate dans le néant et qui aspire
les soleils pour en faire un collier de
bonheur." 

Extrait - L.Escudier 2017






Composition et texte :


"le silence de la nuit n'est pas un silence - je l'entends respirer, très fort, très doucement comme un bébé sans corps, il pleure à petit feu - il rit -"
Extrait - L.Escudier 2017 


Laure Escudier
Photo ci-dessus : Charles Bodinier

  


Au violon :