dimanche 14 septembre 2014

Laure Escudier : Créations : poésie - dessin - musique... Violon et enseignement


L.Escudier - photo : C. Bodinier

Vernissage de l'exposition de dessins de Laure Escudier à partir de 18h le jeudi 15 février 2018 à : 
ô gré du vin. LIEN
Exposition aux horaires d'ouverture ensuite.
Ô GRE DU VIN
106 rue Monge 21000 – DIJON




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Heureuse de faire partie des artistes remarqués par KAZOART LIEN -
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Certains jours, la nuit grandit puis se dépose entre les interstices - certains jours la nuit voyage entre les rendez-vous - certaines nuits le jour efface les sommeils ; le corps choisit de vivre à contresens - certaines nuits le soleil allume les pensées et brise le silence - certains jours les yeux se ferment et s'alourdissent - certaines nuits le cœur vacille et vit trop vite - et sous le temps qui se recule, les secondes sans certitude, sur les sentiers sans préambule et les rochers qui s'articulent, le livre muet des esprits sans frontière défile - alors certains jours la nuit bascule et du matin au soir impose ses abstractions - et une nuit, sans peur, le temps oublie le temps, fixant les mémoires en éveil - ainsi, tel un pas qui chavire, l'instant est une cendre vide d'un extrait de soleil embrasé et perfide - ou simplement perdu dans les heures sans logique, expulsé expulsant tel un soupir anti-sommeil - certaines nuits, les vibrations du monde ont une durée indéterminée et le regard du vivant se complexifie - signifiant l'inconnu aux règles inexistantes, déroutant l'habitude, imposant l'imprévisible et le désordre avant de reconstruire, et sous les ruines incessamment futiles - un jour et une nuit, un nuit et une jour, un fleuve continu au flux incontrôlable -
et quelque fatigue à demi-mot à demi-vie pour un moment étrange et vif - alors un jour de nuit je dormirai d'éveil
et le sens aura peut-être un sens
rien n'est moins sûr 
L.Escudier 2018





"sous  le  fil des pensées - un silence / et le ciel
sous la nuit qui valsait - un soupir / et le miel
de ces brusques lumières,

ici, ce n'était
qu'un frisson dans un cœur
attaché
qui soudain, délié,
se mettait
à danser"

Extrait du recueil  "bleue de rires" L.E 2017
 ***


Parfois, j'entends cet autre mouvement qui s'étend au-delà des cadres, dévore la rigidité, anéantit le minuscule, dévale les incompréhensions, et d'un coup de folie s'envole en rêve, tel  un étrange vide saturé d'intensité sans fin. Alors je sens que le monde est un jeu de cartes dont les idées s'écartent, que les instants s'épuisent et se déstabilisent, tandis que sous les âmes, un mystérieux regard appelle le visage éclatant de nos êtres. Et sous l'invraisemblable étreinte de l'imperceptible, je perçois ce sourire imprévisible et lent, l'impossible hasard, la fragilité, l'instabilité et ce lancinant murmure encombré de peut-être. Alors je voudrais hurler au monde, sans un instant de répit, sans la moindre frayeur, la beauté des failles sensibles et les tendresses subtiles, le supplier de ne pas annihiler ces merveilleuses étrangetés, de ne plus amoindrir la beauté, de respecter les âmes frêles et colorées, éperdues de gracilité, enveloppées de pleurs et si profondes que la vie leur devient cet océan d'horreurs. Puis, ouvrir cette fenêtre de soleil, et lâcher sur la terre cet envol de lumières, tel un baiser multiplié.

 L.E 2018


***
Recueil : "Radiographie d'un rêve" octobre 2017 (textes et images)

Merci de tout cœur à la revue "Ce qui reste", pour le travail formidable et la compréhension de mes textes et images dans cette publication dont je suis si heureuse ! Mise en page et présentation de si belle qualité ! Voici le lien pour feuilleter le livret en entier !

En ligne ici
ou Ici



 

***

sous les fils noirs du temps vorace
encore ici, peut-être épars
vit-il encore, est-il vraiment
cet instrument au corps de bois
à l'âme douce, corde frisson
brisé de lignes, éclat de soie
sous le trait incertain du rêve
est-il vibrant, violon soleil
violon perdu, violon pareil
à l'infinie luminescence
ornant sa peau, ses ouïes, ses failles
ici couleur et sons voilés
mais fort, un peu plus loin
est-il encore, est-il vraiment
cet instrument au corps de roi
cet instrument caché et qui parfois
respire et tremble, en sons soyeux
sous les fils noirs du temps vorace
sous les fils blancs de son errance

il y a - ce visage épuré, dessiné, qui sourit

qui est-il ? un espace encombré qui aspire

et attire / il n'est rien

il y a - ce voyage en silence, cœur de vie / densité

il y a - ce désir impulsif - élevé / à saisir

il y a - paupières fermées, cils-rosées, éclats fulgurants

et peut-être, un appel, un silence ombré / activé

somnambule en chanson - désinence et constance

et parfois

soudain

particules

un être sans être apparaît et retire

au monde un papier déchiré - il s'apaise

et respire

il y a - y avait - y aurait
  L.Escudier 2017 




***


violon envolé



son qui

d'un lointain mystère, entretient

la vibration tendre et l'archet

sensible

où l'espoir adoucit

et ce son

qui respire et retire au sommeil

un frisson

et les cordes emmêlées

accordées

désaccord et la nuit des pensées enfiévrées

courbes, d'un chevalet- vibration

aux volutes enlacées

et les crins sur l'acier

et les mots  en chanson

pour jouer, élancé, le corps en tension

et pourtant

ce violon est vibrant

ou lueur - il fléchit

soleil et mystère

ou l'or envahit
pâlissant
d'un rouge orangé
ici
chaconne et tendresse - largo sur le ciel,
palpitations
d'un violon envolé
posé délivré, chantant et ardent
son qui
d'un appel altéré, de ces tonalités, mirage ou voyage
il est là
ce passeur de bonheur, ce bois insensé dont les lèvres ou les ouïes
éclatent le temps et poussent la vie
au fil des tendeurs - et sous le cordier
son âme secrète enfermée se débat
se meut et s'enflamme -  elle danse
en son corps harmonieux
tandis que
le son
tiré sous l'archet
sous les doigts étrangers
paume inspirée
entre l'or où douceur
lueurs et douleurs
larmes sonores
et silence frémissent,
intimes,
violon qui vacille
ou violon qui désire
un soupir
un ultime murmure
onde en folie, notes ardentes  
et qui chante
seul et unique
présent, infini
vulnérable et frêle,
impalpable
son qui
ne serait pas sans un
qui
et pourtant,
il est là
dense et vivant, fort - implosion de lumières
tout petit et joli mais immense
j'entends
il aspire en musique et gémit sous l'archet
qui caresse et ferveur, il s'envole
où le pouls effréné valse et respire




  ***


J'ai voulu suivre une ligne - contour improbable - et la nuit d'un jour écarlate

entrait / riait

les espaces - entre les vies instinctives - valsaient

les saisir était nécessaire

et pourtant,

J'ai voulu suivre une ligne - contour inaccessible - et le jour s'endormit

fil déconstruit

au lit de mes réflexions sans action, de mes nuits sans soleil

tenir ou défaire

et les multiples visages dont jamais,

jamais on ne sait

Les lignes sont floues

Les lignes se perdent

Et l'intensité du cercle infini, dans un balbutiement de tout

espaces imprécis et pourtant,

certitude incertaine

des mouvements sans limite - les vies assemblées, toujours en voyage

J'ai voulu suivre un contour - mais de quoi

sans cela, pas de voie

sans cela, le silence

sans cela,

tout / recommence - indéfiniment

sans une ligne, sans un mot, sans un code, une règle

il y aurait - avant, après, autour, pendant - uniquement, ce que, jamais, je ne vois, ne vis ou ne tiens

ce que je ne saurai pas...

alors...

Laissez ces espaces - vibrations sans attaches - sensations fugaces -

lumières et couleurs - silences et murmures - libertés - brises et candeur

jusqu'où cet encore - encore et encore... souffle renouvelé

jusqu'ici, si l'ici n'est jamais...
L.E 2017







le corps intime
sur un temps sans raccourci - tel un mot suspendu
entre terre et lumière
ce creux
dans la lutte éclatante et pâle
de nos évidences
ici
voir et sentir
le sillon doux et fort
du peut-être au lien gracile
le cri velours au bord du rire
et l'éclosion palpable
une pulsation - un soupir - un sourire - un voyage - invraisemblable est le désir
d'une esquisse interminable
frôlant les lignes
déliées
de l'univers immense et délivré

L.E 2017


....à quoi bon écrire, composer... à quoi bon dessiner ou même rêver... quand tout est déjà là... Il suffit d'observer, d'écouter, de respirer, de sentir.... De retrouver sa place.
Souvent, l'"Art" (avec ce fameux grand A), les sons, les mots, les lignes,  les "grandes idées" semblent futiles devant tant de lumières, tant de beautés, tant de rêves éveillés. Et la poésie, elle-même, devient nature. La nature devient poésie. Le mouvement des plantes est un mystère, les sensibles vibrations, des poèmes épars.  Et les sensations multipliées voyagent en nous tandis que la vie se révèle, stupéfiante.  Ces moments où l'on perçoit l'intense frémissement, la pulsation du monde, la futilité de tout le reste.....
Alors je me tais. Et je voudrais rester là, pour toujours, petite chose éphémère au centre des immensités. Petite vie au cœur d'une vie sans limite.
Petit rien face au tout...
Pourtant...
Pourtant... l'art n'est-il pas justement ce moyen pour l'humain de décrire la merveilleuse émotion qui le traverse..... Sa façon d'être là et de percevoir, de recevoir et d'accueillir. Ses faibles et humbles outils pour décrire ce qui ne s'explique pas. Une tentative de sincérité sans cesse renouvelée et sans réel aboutissement. Saisir des bribes de cette respiration immense et la transcrire en langage humain. Ou utiliser nos sens pour atteindre le mystère infini.
Les arts sont parfois insuffisants pour dire avec honnêteté ce que chuchote la nature au creux de mon cœur...
L.E


*** 



"Parfois, au contact de l'air, le corps se
craquelle et l'esprit se désagrège. Il ne reste
rien. Que ce silence impressionnant. Ce
soupir qui éclate dans le néant et qui aspire
les soleils pour en faire un collier de
bonheur." 

Extrait - L.Escudier 2017






Composition et texte :


"le silence de la nuit n'est pas un silence - je l'entends respirer, très fort, très doucement comme un bébé sans corps, il pleure à petit feu - il rit -"
Extrait - L.Escudier 2017 


Laure Escudier
Photo ci-dessus : Charles Bodinier

  


Au violon :




















































































































































































































































































































































































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